Faire, pas regarder
Chaque leçon fait refaire chaque signe tout de suite, puis le fait produire de mémoire. Chaque signe a deux cartes de révision : reconnaître (vidéo vers mot) et produire (mot vers signe).

Pl. 02 / 16Étude de cas
Une app pour apprendre la langue des signes française dix minutes par jour, en refaisant chaque signe devant un miroir caméra.
Film de présentation réalisé pour ce portfolio. La trajectoire est celle mesurée par l’app sur la vidéo de référence du signe « Merci » (Laura Jauvert, CC BY 3.0).
Pour l’anglais ou l’espagnol, les apps se comptent par dizaines. Pour la langue des signes française, on trouve d’excellents dictionnaires vidéo et quelques cours, mais on y regarde les signes, on ne les fait presque jamais. J’ai voulu une app pour celles et ceux qui veulent apprendre la LSF dix minutes par jour, par exemple pour parler avec un proche sourd.
Une langue des signes s’apprend avec les mains : il fallait faire produire le geste, pas seulement le reconnaître, et le corriger sans que la vidéo de l’apprenant quitte son téléphone. Il fallait aussi une identité chaleureuse, qui ne fasse ni clipart, ni appli scolaire.
J’ai passé en revue les apps de langues signées et les chiffres disponibles : environ 100 000 personnes sourdes ont la LSF pour langue principale et 250 000 la pratiquent (Université de Rouen). Une étude de 2024 (Morett et al.) montre qu’on retient mieux un signe qu’on a refait que celui qu’on a seulement regardé.
Chaque leçon suit la même boucle courte : voir le signe, le refaire, le reconnaître parmi quatre propositions, le signer de mémoire, puis le réviser au bon moment grâce à la répétition espacée (FSRS).
MediaPipe repère les mains et les épaules dans le navigateur. Les points sont ramenés au buste, puis la trajectoire est alignée sur celle de la signeuse par DTW. Les références ont été précalculées sur les 99 vidéos du parcours.
Le 20 octobre, j’ai présenté trois directions complètes, chacune avec logo, palette, typographies, écran d’app et post : Lumière du jour, Le geste et Atelier papier. J’ai retenu Atelier papier, en gardant Bricolage Grotesque, la typo de la version bêta, pour le mot « paume ».
L’app est installable et fonctionne hors ligne. Elle est hébergée sur Cloudflare Pages ; quelques fonctions et une base D1 recueillent les avis et, seulement avec accord, des statistiques anonymes.
















Chaque leçon fait refaire chaque signe tout de suite, puis le fait produire de mémoire. Chaque signe a deux cartes de révision : reconnaître (vidéo vers mot) et produire (mot vers signe).
Le geste est analysé dans le navigateur et aucune image n’est envoyée. La progression reste dans le téléphone, sans compte et sans cookie.
Toutes les vidéos montrent des personnes filmées, avec leur nom et leur licence (Wikimedia Commons). Je n’ai pas voulu d’avatar ni de signe dessiné : un signe faux s’apprendrait aussi bien qu’un vrai.
La LSF est une langue du regard, et on l’apprend avec les mains. Le symbole est une main découpée, imprimée en deux encres riso. J’ai décalé le rose presque à la verticale pour qu’il ne raye pas les doigts en petit, et l’œil est découpé dans les deux feuilles.
Les vidéos et photos de signeurs se posent toujours sur un bleu doux uni, jamais sur le papier beige ni sur une texture, pour que les mains se détachent.
Ce projet m’a appris à penser l’identité et le produit ensemble : les couleurs, les typos et les ombres de la charte sont les mêmes variables que celles du code. La prochaine étape est prévue dans la charte : faire relire la direction et le parcours par des personnes sourdes avant une diffusion plus large, l’œil dans la paume étant un hommage à leur langue.
Couleurs relevées sur les visuels du projet.